Combien coûte un site internet pour un artisan ?
Les prix vont de quelques euros par mois à plusieurs milliers d’euros. Ce n’est pas le même produit, et ce n’est surtout pas la même facture au bout de trois ans.
Écrit en septembre 2026 · 5 minutes de lecture
Un artisan qui demande trois devis pour son site reçoit trois chiffres qui n’ont rien à voir entre eux : quelques dizaines d’euros par mois chez l’un, un forfait à quatre chiffres chez l’autre, le double chez le troisième. Ce n’est pas que l’un est honnête et les autres non. C’est que ces trois devis ne vendent pas la même chose, et surtout qu’ils ne laissent pas la même chose entre vos mains le jour où vous arrêtez de payer.
Quatre façons d’avoir un site
Le faire vous-même sur un abonnement
Vous prenez un abonnement chez un éditeur en ligne, vous choisissez un modèle, vous remplissez. Le coût mensuel est faible et vous gardez la main.
Ce que ça vous coûte vraiment, c’est du temps : écrire les textes, trier les photos, comprendre pourquoi la page s’affiche mal sur téléphone, remplir la fiche Google. Comptez plusieurs soirées, et des retours réguliers pour tenir le site à jour. Si vos soirées sont déjà prises par les devis, c’est le point qui fait échouer le projet, pas le budget.
Deuxième chose à savoir : sur la plupart de ces plateformes, le site ne vous appartient pas vraiment. Vous ne pouvez pas le récupérer et le poser ailleurs. Le jour où vous arrêtez de payer, il disparaît. Votre nom de domaine, lui, reste à vous, à condition de l’avoir pris à votre nom.
Un abonnement chez un prestataire
Quelqu’un fait le site pour vous, et vous payez chaque mois tant que vous l’utilisez. L’entrée est indolore, la maintenance est comprise, et c’est souvent la formule proposée aux artisans.
Le calcul à faire est simple : multipliez le montant mensuel par 36. Sur trois ans, un abonnement modeste dépasse largement ce que coûte un site payé une fois. Posez ensuite la seule question qui compte : si j’arrête, qu’est-ce que je garde ? Si la réponse est « rien », vous ne payez pas un site, vous payez une location.
Un indépendant au forfait
Vous payez une fois, le site est à vous, vous pouvez partir avec. C’est la formule que je pratique, donc je ne suis pas neutre, mais le raisonnement vaut pour n’importe quel indépendant sérieux.
Le risque à regarder de près, ici, c’est ce qui se passe après la livraison. Un site livré et abandonné vieillit. Demandez ce qui est prévu pour l’hébergement, les sauvegardes et les petites modifications, et faites écrire la réponse dans le devis.
Une agence
Plusieurs personnes, un chef de projet, un designer, un développeur. La facture monte, et le travail avec elle : identité visuelle, photos, contenus rédigés. C’est un bon choix pour une entreprise de vingt salariés qui refait toute sa communication. Pour une entreprise de couverture de trois personnes qui veut recevoir des demandes de devis, c’est souvent payer une organisation dont vous n’avez pas besoin.
Ce qui fait vraiment varier le prix
À produit comparable, l’écart entre deux devis vient presque toujours de ces cinq points.
- Les textes. Les écrire, c’est la moitié du travail. Un devis bas suppose souvent que vous les fournissez.
- Les photos. C’est le poste qui décide de tout dans le bâtiment, et celui qu’on oublie de chiffrer. Si vous n’avez rien d’exploitable, il faut venir photographier des chantiers finis, et ça se facture.
- Le nombre de pages. Cinq pages écrites pour votre métier valent mieux que vingt pages génériques, mais chaque page se pense, s’écrit et se relit.
- La reprise d’un site existant. Récupérer un contenu, garder les adresses connues de Google et poser les redirections, c’est du travail en plus, invisible sur la maquette.
- La fiche Google. Comprise chez certains, en supplément chez d’autres, absente chez beaucoup. Pour un artisan, c’est pourtant elle qui apporte les premiers appels.
Les frais qui reviennent chaque année
Un site n’est pas un achat qui s’arrête à la livraison. Trois lignes reviennent, quelle que soit la formule :
- le nom de domaine, à renouveler tous les ans ;
- l’hébergement, c’est-à-dire la machine qui sert vos pages ;
- le certificat qui affiche le cadenas, gratuit chez les hébergeurs sérieux.
Repris à votre nom, l’ensemble coûte une trentaine d’euros par an pour un site vitrine. C’est le point de comparaison à garder en tête devant n’importe quel abonnement : ce que vous payez au-delà, vous le payez pour du service, pas pour de l’infrastructure. Ce n’est pas illégitime, mais ça doit se voir dans ce qui est promis.
Faites le calcul sur trois ans
C’est le seul chiffre qui permet de comparer deux devis :
coût de départ + (mensuel × 36) + frais annuels × 3
Puis ajoutez la question que personne ne pose : au bout de ces trois ans, qu’est-ce qui est à moi ? Le nom de domaine ? Les textes ? Les fichiers du site ? Si vous ne pouvez pas partir avec, le vrai prix n’est pas celui qui est écrit sur le devis.
Ce que je facture, moi
Pour que ce guide ne soit pas une leçon donnée de loin, voici mes propres chiffres, les mêmes que sur la page d’offre :
- 1 900 à 3 900 €, une seule fois, hébergement, nom de domaine et certificat compris la première année ;
- 1 200 € pour les trois premiers artisans, en échange de l’utilisation de leur chantier comme référence ;
- après la première année, soit vous reprenez l’hébergement à votre nom pour une trentaine d’euros par an, soit je continue de m’en occuper à partir de 29 € par mois.
Ce qui fait varier le prix dans cette fourchette, c’est ce que vous avez déjà : des textes utilisables, des photos de chantiers finis, un site à reprendre ou rien du tout.
Les cinq questions à poser avant de signer
Elles valent pour moi comme pour n’importe qui d’autre.
- À quel nom est déposé le nom de domaine ? La réponse doit être : le vôtre.
- Si j’arrête, qu’est-ce que je garde ? Les fichiers du site, les textes, les photos.
- Qui écrit les textes ? Et si c’est vous, combien de temps ça vous prendra.
- La fiche Google est-elle comprise ? Créée, remplie, vérifiée.
- Qui répond quand le site tombe, et sous combien de temps ? Cette réponse doit figurer dans le devis, pas dans une conversation.
Un prestataire qui répond clairement aux cinq ne sera pas forcément le moins cher. Mais vous saurez ce que vous achetez, ce qui est déjà rare.

